CKOI votre opinion 5
« Les fusions 10 ans après, est-ce que ça en valait la peine? »
Rapport sur le groupe de discussion tenu le 25 janvier 2012
Contexte
La rencontre s’est tenue pendant la soirée du 25 janvier 2012 au Resto-Bistro Rumeur de l’Hôtel V du secteur Gatineau. Une douzaine de participants se sont réunis pour la rencontre. Il faut rappeler que la station diffuse tous les jours des publicités annonçant la tenue des groupes de discussion ainsi que des invitations aux gens à aller s’inscrire pour en faire partie. La rencontre a duré plus d’une heure et demie.
Profil des participants
Tous les secteurs de la grande ville fusionnée de Gatineau étaient représentés sauf Aylmer. Le groupe était majoritairement constitué d’hommes et l’âge de l’ensemble des participants variait de la fin de la vingtaine jusqu’à la soixantaine. Le groupe était divisé assez également entre ceux qui sont nés dans l’une des cinq municipalités fusionnées, et ceux qui ont immigré ici, venant d’ailleurs au Québec ou du Canada. L’ensemble des participants mène une vie active et contribue à la communauté.
Confidentialité
Tous les participants bénéficient d’une complète confidentialité quant à l’attribution des commentaires. Lorsque des photos sont publiées, c’est avec leur autorisation. Les noms des participants ne seront pas divulgués. Les entrevues audio sont aussi réalisées de manière à préserver l’identité de leurs auteurs.
Début de la rencontre
Au tout de la réunion, les participants ont été invités à se présenter et à expliquer où ils vivent et d’où ils sont originaires. Afin de replacer les choses dans leur contexte. Un bref historique des fusions municipales a été présenté, celui-ci appuyé de la présentation de reportages télévisés que Radio-Canada avait préparé pour souligner le dixième anniversaire de la fusion municipale de Gatineau. http://www.radio-canada.ca/emissions/telejournal_ottawa-gatineau/2011-2012/reportages.asp
Un des participants a relaté son expérience personnelle à titre professionnel dans le processus menant aux fusions. II a souligné que depuis les années 80, on a assisté à la transformation de milieux urbains en ville-régions. C’est-à-dire qu’une ville centre s’est mise à jouer un rôle de pôle auprès de ses municipalités périphériques.
L’observation de grandes iniquités entre différentes municipalités de proximité a conduit à une réflexion de fonds au gouvernement du Québec de l’époque sur un meilleur partage de la richesse collective et sur la meilleure manière d’administrer à moindre coût le palier municipal. Donc l’objectif était l’équité pour toutes les villes entourant cette grande municipalité. Le résultat de ces discussions ayant bien sûr mené à la vague majeure de fusions municipales que le Québec a ensuite connu à la fin des années 90 et au début des années 2000.
Atelier des positifs et des négatifs
L’approche utilisée pour la session a été de couvrir 3 aspects différents et complémentaires. La rencontre a débuté avec un atelier en deux parties. Le groupe fut divisé en deux et chacun des sous-groupes a reçu un mandat. Le sous-groupe A devait identifier une série de points positifs, selon eux et leur expérience, qui ont découlé de la fusion, alors que le sous-groupe B devait faire l’inverse, c’est-à-dire de trouver des points négatifs résultant de la fusion. Après quelques minutes les rôles étaient inversés.
Il était aussi important pour les groupes de présenter une recherche équilibrée, c’est-à-dire qu’il devait y avoir le même nombre de points négatifs que de points positifs de présentés. À la fin de l’exercice, tous les participants venaient se réunir en plénière et devaient ensuite faire ensemble un tri pour ne garder que cinq points positifs ainsi que cinq points négatifs découlant de la fusion.
Les participants ont eu beaucoup plus de facilité à identifier les points négatifs que positifs. Mais une fois que les discussions sur les aspects positifs eurent commencés, les arguments en faveur de regroupement venaient plus facilement. Les participants ont aussi démontré beaucoup de discipline en faisant la part des choses entre les élus actuels et passés et les avantages et inconvénients concrets de la fusion sans égard aux personnalités publiques ayant influencé les débats à une époque ou une autre.
| Points positifs
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Points négatifs
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Le nom de Gatineau
Toute la question entourant le choix de nom « Gatineau » pour la nouvelle ville fusionnée soulève tout de sorte de passion et génère plusieurs anecdotes sur la vraie manière dont le nom a été choisi, ou imposé. L’ensemble des participants semble d’accord pour dire que la nouvelle ville aurait dû s’appeler d’un nom différent n’ayant pas coiffé préalablement l’une ou l’autre de ses parties. Le nom « Gatineau » ne plaît pas à la majorité.
Le sentiment identitaire
La dernière partie de la rencontre a servi à faire le point, 10 ans plus tard, sur la perception des participants de leur sentiment d’appartenance à la nouvelle grande ville. Cette discussion s’est déroulée de manière ouverte sous la direction de l’animateur.
Les participants ont d’abord été invités à identifier ce qui définit quelqu’un de l’Outaouais par rapport à quelqu’un d’ailleurs au Québec. Les principaux points relevés couvrent une large palette d’éléments. Le groupe définit les gens d’ici comme étant un peuple ouvrier, travailleur, déterminé et débrouillard. Aujourd’hui l’Outaouais est vu comme étant surtout dominé par l’omniprésence de la fonction publique, mais à l’origine, la région a été bâtie par le commerce du bois et par la drave.
Le bilinguisme et le biculturalisme de la région, à cause de sa frontière avec l’Ontario, sont aussi déterminants dans la définition de qui nous sommes. On souligne aussi le fait que nous sommes un bassin de classes sociales et de classes politiques internationales différentes.
Aujourd’hui, la région se définit de plus en plus aussi par ses espaces verts, notamment le Parc de la Gatineau, ainsi que par ses pistes cyclables et de ski de fond. Dans cet élan, on a souligné l’importance donnée à la culture (bibliothèques, salles de spectacles, apport de la CCN). Du même souffle, on remarque par contre qu’il y a très peu de créations culturelles originales qui viennent de la région
Un participant a mentionné que la région est devenue le cul-de-sac du Québec et qu’à cause de sa situation géographique, l’Outaouais est oublié du reste du Québec.
En résumé
Un participant a souligné que l’identité culturelle des Gatinois est en construction, qu’elle ne s’est pas encore établie, qu’elle continue de se modeler au fil du temps. L’enjeu est que compte tenu de sa nature de Terre d’accueil pour les travailleurs fédéraux et sa panoplie de satellites gravitant autour, la création d’une personnalité propre à la région sera toujours difficile surtout maintenant que les anciennes municipalités n’existent plus que dans la mémoire des peuples qui les gardent bien vivantes.
De l’avis général, on s’accommode bien plus par dépit de la réalité politique d’un Gatineau fusionné qui ne soulève pas les passions, que par sentiment de faire partie de quelque chose qui aujourd’hui dépasse ce que les cinq anciennes municipalités étaient hier.
Rédigé par
Patrick L. Doyon
CKOI votre opinion: La fusion de Gatineau, dix ans plus tard. Première partie, avec Patrick Doyon d'Existo Communications & Socio.Technologie. Notre chroniqueur. Partie 1 et 2
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